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    09 June

    Départ dans les montagnes

    Je fais comme nos amis les footballeurs, je pars en Suisse pour m'entraîner. Tire la langue Plus sérieusement, j'ai un poste à Divonne les Bains à 100 m du poste frontière. Avec un magnifique emploi du temps qui fait que je ne travaille que le matin, je vais mettre à profit mes après midis pour aller crapahuter dans la montagne, courir, faire du vtt, du tir à l'arc, peut être me mettre au golf qui est en face de chez moi ou faire de la voile ou tout simplement bronzer près du lac Léman. J'habite à 200m. Et surtout tous les matins, depuis ma terrasse, je vais observer le géant, le mont blanc que j'ai en face de moi et qui serait mon point de mire fin juin, mon compagnon de route fin août et cela va commencer dès mercredi avec l'ascension d'un  col avec un nouveau collègue de course que j'ai découvert sur place et qui va me faire découvrir son parcours de 20km et 1300+. De quoi se mettre en jambe avant Faverges...

    Dimanche 8 juin: sortie longue vallonnée

    Temps: 1h40
    Distance: 18km
    Dénivelé: 400+
    Kcal : 900
    Puls: 154/min

    Sortie longue sur les mêmes chemins que ceux empruntés la veille en VTT. Le parcours est sympa et surtout, après avoir attendu que les averses s'arrêtent, on fait tout le parcours sous le soleil. Les jambes sont bien là et résistent à la fatigue de la veille. La garrigue est superbe en cette saison: en haut des cols, on a une magnifique vue sur la chaine des montagnes bleues les Cévennes. La garrigue est très verte et parsemée de jolies fleurs. On croise l'enclos de taureaux de combat mais c'est un bon moyen de faire du fractionné Tire la langue Bref, on monte, on descend, ça sent le thym, le romarin. Et surtout à l'arrivée, nous sommes récompensés de nos efforts par un bain de pieds sous une cascade créée par le ruissellement, ça fait un bien fou.

    Samedi 7 juin: sortie VTT dans la garrigue

    Ce week-end, direction le Sud à la recherche d'un peu de soleil, car disons le franchement, j'en ai un peu marre de la pluie qui ne s'arrête jamais. Cette après-midi, petite sortie VTT de 3h sur les DFCI de la garrigue avec de temps en temps une pause fractionné en côte: on pose le VTT et on s'enchaîne la côte cinq fois. Ben, quand on remonte sur le vélo et qu'on réattaque une nouvelle montée, on sent bien les cuisses qui brûlent. Voici quelques photos pour illustrer cette balade qui m'a tellement fatiguée que je me suis endormie à 21h30.

    Jeudi 5 juin: sortie dénivelé

    Contenu: séance endurance en dénivelé
    Distance: 20 km
    Temps: 2h05
    Dénivelé: 800+
    Kcal: 1100
    Puls: 164/min

    C'est parti pour la traditionnelle sortie du jeudi soir avec Denis et Bibiche. Bien que peu motivée par le déluge qui se déverse dehors, les deux zigotos me convainquent que je ne suis pas en sucre et me font sortir de ma tannière malgré la pluie qui ne cessera pas de toute la sortie. On part donc pour notre tour traditionnel avec une petite exception à la routine de jeudi soir: en arrivant en haut de Fourvières, nous admirons la statue de Marie descendue de sa tourelle pour cause de travaux: 8m de haut, entièrement couverte d'or et très bien mise en lumière, c'est magnifique. Mais pas le temps de s'attarder, il ne fait pas chaud quand on est mouillé. Le Gore-tex tiendra une heure trente. On fait nos quatre montées traditionnelles, je sens bien dans les jambes la séance de la veille mais on tchatche,, on tchatche et pour la première fois, je ne vois même pas passer la montée que je redoute le plus, celle de la Croix Rousse. Arrivés en haut de Caluire, les gens nous regardent comme des extra-terrestres. C'est vrai qu'on fait peine à voir avec les cheveux trempés, la sueur qui se mélange à la pluie, le short qui colle aux cuisses mais finalement, ça m'éclate de courir sous la pluie Tire la langue Il ne fait pas trop froid ce soir et surtout on ne croise personne. Le retour sur les quais se fera avec Denis sans que nous croisions âme qui vive. J'arrive chez moi trempée comme une soupe mais heureuse. J'ai l'impression d'être enfin passé dans le camp des coureurs, les vrais, ce que la pluie ne rebute pas et qui partent faire leur séance quelques soient les conditions météo. J'avoue, je suis assez fière de moi d'avoir tenu tout le tour alors que malgré les promesses de mes accompagnateurs, la pluie ne s'est jamais arrêtée et a même redoublée mais il paraît que l'eau de pluie c'est excellent pour les cheveux alors...
    Et le meilleur, c'est la douche chaude qui vient juste après...un pur moment de bonheur Rire
    05 June

    Mercredi 4 Juin: sortie VMA

    Bon, c'est pas tout ça mais après le Pic Saint Michel, sa montée vers les Limbes et sa descente en Enfer, il faut s'y remettre: objectif: Marathon du Mont-Blanc: S-4, Faverges-Odlo: S-2.
      Donc hier, normalement une séance de fractionné. Mais j'en ai un peu marre des séances prgrammées, j'ai envie de courir à la sensation, courir pour le plaisir et surtout ce soir, j'ai envie de me défouler, me fatiguer. Alors après une courte pause lundi et mardi, je n'ai plus de courbatures et on repart pour une séance qui a la sensation va devenir mixte.
    Contenu: 25'E+ 4x4' à 95% 4'R+ 10'E+10x30' en côtes+10' R
    Cardio: 165 moy,  197 max
    Kcal: 966
    Distance: 18km
    Temps: 1h40

    Une séance super sympa. Je commence par m'échauffer sur les quais en y allant tranquillement. Il fait bon, plus chaud que je ne pensais (j'avais opté pour les manches longues). Je continue en endurance jusqu'au Parc, j'hésite, seuil, fractionné, fractionné, seuil, entre les deux mon cœur balance. Incapable de me décider et plutôt en forme, je choisirai les deux. J'enchaine donc deux tours du parc avec la séance de fractionné de Séréna Williams, je me fais plaisir. Au bout de la 2e portion à 95%, j'ai trouvé mon rythme, ma position de course, je me sens libre, je m'éclate: ce qu'il y a de bien avec la course, c'est que le terrain, le parc dans lequel vous courez, il ne pose pas de questions, il se moque de savoir comment vous êtes habillée, coiffée, il ne juge pas, il ne vous donne pas de responsabilités, ne vous demande pas de rendre des comptes, l'important, c'est simplement que vous passiez le voir.
       J'enchaine deux autres portions à 95%, petit pause pour boire, petite discussion avec des coureurs et c'est reparti, direction la côte où je fais ma série de 10x30'. Première bonne surprise, à distance égale, je vais plus vite que la semaine dernière Réception Ca me donne des ailes. J'adore cette séquence, j'ai l'impression d'aller beaucoup plus vite en fractionné en côte que sur du plat, du coup je m'envole. J'en ferai bien quelques uns de plus mais il faut savoir rester raisonnable.
       Retour sur les quais en récup, il fait beau, j'ai chaud, je suis bien, fatiguée mais heureuse et surtout affamée Rire

      Autre nouvelle: nous avons gardé le mystère une petite semaine car les commentaires m'amusaient assez mais je vous le révèle en presque avant-première: ce qui était au Pic Saint Michel le savent déjà, j'accompagnerai Jérôme alias Jérôme_I_Debizej sur son premier utmb. Vous pourrez suivre la préparation sur son blog et le mien et une présentation à venir sur son blog dans le courant de la semaine prochaine. Ca va être génial, une super expérience forte en émotions et qui va me permettre de construire des souvenirs inoubliables. RireRireRire Grazie Mille Jerôme di permetterme da vivere questa magnifica esperienza.
    03 June

    Samedi 25 mai: Grand Raid 73: de l'autre côté de la barrière: journal de bord d'une bénévole

    Dimanche 4 mai: Nivolet Revard 

         Tout commence au Nivolet-Revard où je rencontre Paspeur et Mme Paspeur. Ils me parlent de leur bébé: le GR73. Ils cherchent ddes bénévoles. Avec mon entorse, je ne peux pas courir alors pourquoi ne pas mettre à profit cette période de repos pour faire bénévole? En plus, c'est quelque chose qui me trottait depuis longtemps dans la tête. Après tout, c'est grâce aux bénévoles que je peux faire mes trails tous les week-ends sans me préoccuper de rien. Alors ce serait la moindre des choses de passer de l'autre côté de la barrière au moins une fois de temps en temps. Je n'imaginais pas encore que ce serait aussi enrichissant et aussi puissant. Alors, c'est décidé. Avec Langevine, nous allons être bénévole sur cette course. Premier travail: faire connaître la course grâce aux nombreuses publicités que nous donnent Paspeur et Mme Paspeur.

    Deux semaines s'écoulent: 

        Pour moi, peu de travail comme bénévole. Mais, à travers ce récit, je tiens à rendre hommage au formidable et immense travail fourni par tous ses bénévoles qui nous permettent de vivre notre passion. Alors pendant que j'attends ce week-end avec impatience, d'autres s'activent comme autant de fourmis pour que tout soit prêt le jour J. Alors que l'on vit pour courir, eux vont vivre ces deux semaines avec comme seul but de nous rendre la course agréable avec le lot de pressions, d'angoisses, de soucis que cela comporte.

    Vendredi 23 Mai:

        Fin de la journée de travail, je quitte Lyon vers 18h direction Cruet. Je récupère le Castor à la gare de Chambéry et j'avoue que c'est littéralement un sauvetage de Castor au milieu du carrefour. La fine équipe se dirige vers Cruet quand j'aperçois une voiture orange dans mon rétroviseur. Ne serait-ce pas Debizej? Mais si, le timing est parfait. Nous rejoignons sur le parking de Cruet. Entrée dans la salle polyvalente de Cruet dans laquelle les bénévoles sont depuis ce matin et ont fait un travail monumental: toutes les tables ont été préparées, la distribution des dossards a commencé, la pasta party bat son plein. Pour une course de cette envergure, on mobilise plus de cent bénévoles aussi bien à l'organisation qu'à la distribution des dossards, à la cuisine, à la sécurité, au balisage, etc... La tâche semble immense et le sens de bénévole prend tout son sens. Benevole, étymologiquement signifie vouloir le bien et tous ces gens réunis ce soir veulent effectivement une seule et même chose: le bien de tous les coureurs. Paspeur nous accueille et nous explique notre programme très chargé:

             - 2h30 du matin: distribution des dossards jusqu'à 4h30

             -4h30: pointage des coureurs

             - 5h: allumage des torches et départ du GR73.

             - 5h30: petit déjeuner des bénévoles

             - 6h: distribution des dossards pour le petit savoyard

             - 8h: pointage des coureurs.

             - 8h30: départ du petit savoyard.

            - 9h: installation du ravitaillement dans un petit hameau agréable au doux nom de Montlambert. 

             - 21h: retour du ravitaillement

    Waou!!!La journée va être longue et je sens que je vais être encore plus fatiguée que si je courais. Je ne croyais pas si bien dire. 

         Paspeur nous distribue un joli T-Shirt de bénévole, nos tickets repas et nous rejoignons les autres à table. Nous partageons les spaghettis avec Langevine, Debizej, Le Castor, Petitjean, Mme Petitjean, Paspeur, Mme Paspeur. Nous faisons connaissance avec Celia: la fille dans la famille Paspeur. Nous discutons avec plein de gens, l'ambiance est très sympathique même si on sent la pression monter. Paspeur ne tient pas assis cinq minutes à la table.

        Paspeur nous montre ensuite notre chambre: une mezzanine au-dessus de la salle où nous déroulons nos matelas et sacs de couchage. Quelle bonne idée d'avoir prévu des sacs de couchage - 10°, il fait au moins 30° Alors que les filles, peu douillettes se préparent à dormir sur des matelas auto-gonflants de 5cm d'épaisseur, ces messieurs se sont préparés un vrai matelas gonflable 10cm d'épaisseur qui fait un bruit terrible dès qu'ils se retournent Tout le monde se couche mais cela ne signifie pas qu'on dort. Ca déconne sévère là-haut, ça papote, ça délire, ça rigole. Mais l'heure tourne et on ne dort toujours pas. Or, si Langevine, Debizej et moi-même sommes bénévoles, Petitjean et le Castor courent eux. Résultat: on commence à s'endormir vers une heure du matin. Le réveil sonne: deux heures du matin. 

    Samedi 25 mai: le grand jour

        Deux heures du matin: waou, vous êtes malade, c'est pas une heure pour réveiller une yayoun ça. La yayoun, elle est pas de bonne humeur quand elle a pas assez dormi Mais on n'a pas vraiment le temps d'avoir des états d'âme. Quand je pense que lorsque je dois me lever à 5h du matin pour faire une course, je trouve que c'est inhumain et bien maintenant je pense aux bénévoles qui eux n'ont pas dormi de la nuit. Juste le temps de se donner un visage à peu près humain, d'enfiler une tenue appelée à changer au gré de la journée en fonction du temps. Un petit déjeûner rapidement avalé, une grande tasse de thé et ça va déjà mieux. D'ailleurs, en passant, un grand merci à la jeune femme blonde qui dès deux heures du matin et jusqu'à 23h est restée debout derrière le comptoir pour assurer le service des boissons. Good job!!! Mais déjà, les premiers coureurs arrivent...

        2h 30- 4h30: 

      C'est parti pour la distribution des dossards.Les coureurs du GR 73 ont été prévoyants et sont venus en grande majorité retirer leurs dossards la veille au soir. Nous retrouvons Martinev et Badgone. Martinev et le Castor se préparent à partir pour le GR73. Je distribue les dossards aux kikoureurs ce qui me permet de faire connaissance avec certains surnoms aux visages jusqu'alors inconnus. On démarre tranquillement avant d'entrer dans le feu de l'action...

         4h30-5h: Pointage et départ:

       4h30: je rejoins le couloir des coureurs avec Langevine. Elle me donne le numéro de dossard et armée de ma frontale et d'un stylo, je pointe les coureurs pour savoir exactement qui prend le départ. Alors amis coureurs, un petit conseil: svp: accrochez votre dossard à un endroit où il est lisible: pas sous le sweat, pas sous le camel bag mais rendez le visible, les bénévoles apprécieront Les numéros s'égrènent, j'ai à peine le temps de regarder la tête de tous ces sportifs qui me passent devant mais le numéro 99 restera dans les annales

       Tous les coureurs sont dans le sas, y compris les retardataires qui n'ont pas compris que pour une course parte à l'heure, cela demande un travail de chacun. 

       Il est l'heure d'allumer les torches pour baliser les deux cent mètres suivant le départ: c'est très surnaturelle comme ambiance. Les coureurs forment une guirlande de frontales, les bénévoles une haie de torches, moment de communion entre les deux faces de la course. J'ai l'impression d'assister à un rassemble des chevaliers de la table ronde. La musique renforce cette ambiance médiévale. Mais revenons à l'époque moderne, il est temps de dégainer l'appareil photo pour immortaliser le départ. Moment émouvant avec un mélange de fierté chez les bénévoles que tout ce soit bien passé jusque là et une pointe de regret et de mélancolie pour la coureuse que je suis à voir ce peloton partir sans moi. Mais aujourd'hui, ce n'est pas mon tour de courir, j'accompagne.

        5h-8h: retrait des dossards

         A peine le temps d'avaler un deuxième petit déjeûner et de combattre un premier coup de barre que le coup de feu commence réellement. Les coureurs du Petit Savoyard arrivent pour retirer leurs dossards. Je croise Mamanpat, Graindesel, Jess 06 mais pastrop le temps de discuter, les coureurs attendent. Je débute alors une tâche très répétitive et commence à fonctionner comme un perroquet: numéro de dossard du coureur, vérification du nom, recherche de l'enveloppe, répétition d'un discours bien rôdé: "dans l'enveloppe vous trouvez votre dossard, votre ticket repas. Voici un petit sac avec un magasine sur la région et vous pouvez retirer votre tee-shirt sur votre gauche, rose pour les femmes, vert pour les hommes". Je ne sais pas combien de fois je vais répéter ces mots. En tous les cas, la même question revient de la part des coureurs: "vous n'auriez pas des épingles? " Heureusement, Mme Paspeur avait prévu un sac mais évitez d'oublier vos épingles, on ne peut plus en donner sur les courses. 

        La plupart des coureurs sont très sympathiques, concentrés sur leur course, agréable.

    Mais un petit carton rouge: Les participants d'une course représentent le microcosme de la société et comme dans la société, il y a des gens biens et puis il y a les autres. Alors petit rappel: les bénévoles travaillent sur une course gracieusement, en prenant sur le temps libre dans un souci d'altruisme. Ils sont effectivement là pour servir les coureurs mais ce ne sont pas des esclaves. Et certains coureurs seraient certainement plus polis s'ils demandaient leurs dossards à une machine. Les bénévoles sont des êtres humains, ni plus ni moins et pas plus que d'autres on ne peut s'octroyer le droit de se montrer désagréable. N'oublions que si on vient courir, c'est pour vivre notre passion, pour se faire plaisir alors évitons les tons péremptoires, colériques. Il est de plus en plus dur de trouver des bénévoles pour faire vivre une course, ne les faisons pas fuir au risque un jour de ne plus pouvoir courir. D'ailleurs, avis personnel, certains mériteraient qu'on leur retire leurs dossards et qu'on les interdise de course un certain temps mais ce n'est qu'une opinion personnelle. Que cela ne nous fasse pas oublier que la majorité des participants est courtoise, polie, bien élévée, aimable et passionnée. 

        Pointage: après avoir endossé le rôle de distributrice de dossards, je débute celui d'hôtesse de l'air ou d'hôtesse de trail. Placée à l'entrée du sas, je répète les numéros pairs à droite, les impairs à gauche. Et là, nombreux sont les regards interrogateurs: mon chiffre, il est pair ou impair? Aie, aie, aie le manque de sommeil et le stress sont dévastateurs

    Petit photo des kikoureurs et le départ va être donné: le jour s'est levé sur Cruet et nous découvrons les magnifiques montagnes qui nous entourent. Le paysage est splendide, nouveau pincement au coeur: je ne le décrouvrirai pas en courant cette fois-ci mais en réalité l'aventure va être extrêmement forte et émouvante. 

    9h-21H: ravitaillement à Montlambert: KM 66

         Préparation du ravitaillement: bon, c'est pas tout ça mais pas le temps de se reposer. Il est temps de monter au ravitaillement. On charge des litres de boissons, des kilos de victuailles. La montée est lente mais nous arrivons au poste. Nous découvrons là bas une super équipe de bénévoles adorable, sympathique, dynamique que nous allons apprendre à connaître durant cette journée. Pour toute cette équipe, pour tous ces bénévoles, pour tous ceux qui sont bénévoles sur les différentes courses, vous méritez une première place:  

       Quand nous arrivons, les tentes ont déjà été montées, les tables installées. La soupe se cuit sur le réchaud, le thé est prêt à être lancé. Il est temps de préparer toutes les victuailles. Sincèrement, à chaque fois que je suis servie à un ravitaillement sur une course, je n'ai jamais pensé qu'il y avait un tel boulot derrière: installer les verres, les remplir d'eau plate, gazeuse, coca, préparer les assiettes, les garnir de tucs, abricots secs, pruneaux, couper et préparer le chocolat, le saucisson, la tomme, les bananes, les oranges. La tâche est titanesque mais le ravitaillement pantagruélique. Les coureurs devraient apprécier. On prépare la musique: ça y est: on n'a plus qu'à attendre les coureurs.

        Petite pause: je profite d'une petite relâche pour aller explorer les environs. Je cours (et oui, on ne se refait pas) jusqu'à l'aire de parapente d'où je découvre une vue à couper le souffle sur la vallée. Waou, c'est magnifique, je domine les nuages, je fais face aux montagnes, je me sens toute petite (je sais, je ne suis déjà pas grande alors c'est dire, le paysage est grandiose et magique. Je redescends au ravitaillement, nous profitons de cette petite pause pour faire connaissance avec les membres de l'équipe. On parle du sport, de la vie. Nous ne connaissions pas et pourtant nous allons vivre des moments très forts. 

       Les coureurs du Petit Savoyard: le premier coureur est annoncé: on prépare la musique: we will rock you de Queen colle bien avec l'ambiance. Les bénévoles lui font une haie d'honneur et une petite chorégraphie en rythme. Les deux premiers passent comme des flèches sous nos applaudissements. Le troisième, entendant la musique en haut de la côte, effectue la descente tout en dansant avec nous, premier moment de convivialité et d'émotions. Puis les coureurs arrivent au compte goutte. Je photographie les premiers, annonce les numéros de dossards puis c'est parti pour les ravitos. On accueille les coureurs avec un verre d'eau plate, gazeuse, de coca. On discute, on partage, on les encourage. La course a vraiment l'air difficile et il faut gérer avec les premiers problèmes: coureurs qui vomissent, qui abandonnent, qui ont des crampes. Les kikoureurs arrivent, Petitjean et Badgone. Je déchausse Badgone pour lui enlever des cailloux de sa chaussure. Il ne peut plus se baisser à cause de crampes récurrentes. Mamanpat arrive derrière suivie ensuite par Graindesel et Jess06 et d'autres kikoureurs Eric74 mais je ne sais plus l'ordre avec précision. L'ambiance est bonne enfant, ça rigole, ça danse, la musique a l'air de bien rebooster: nous entendrons la musique de Rocky Eye of tiger une bonne centaine de fois dans la journée

         les coureurs du GR 73:

    Tandis que tous les coureurs du petit Savoyard ne sont pas encore arrivés, nous attendons l'arrivée imminente des premiers du GR 73. De longs moments d'attente se passent où on ne voit aucun coureur. Les coups de barre se font sentir. C'est pas tout ça mais on commence à avoir faim nous aussi. On grignote, on se ravitaille. Dans la journée, nous mangerons de manière complètement anarchique. Le premier arrive enfin, c'est impressionnant. Il déboule comme une flèche, ne s'arrête pas au ravitaillement et enchaîne directement sur la descente. Le 2e mettra  près de 40 minutes à rejoindre notre ravitaillement après le passage du premier. Grande chance pour nous, il ne pleut pas et il commence même à faire beau, le soleil perce. On change le pantalon pour le short, on passe au t-shirt et on profite d'une petite pause au soleil. Difficile à croire mais, alors que je ne cours pas, je commence à avoir mal aux jambes et aux pieds à force d'être debout et de piétiner. Les premiers s'égrènent lentement, s'arrêtent peu aux ravitaillements tandis que nous aidons en même temps les arrivées du Petit Savoyard.

         Le positionnement de ce ravitaillement est intéressant. Petit à petit, les coureurs du GR 73 arrivent. La fatigue commence à se lire sur leurs visages, ils ont besoin d'encouragements, d'écoute, d'aide, de repos et les échanges avec ces personnes que l'on connait pas sont très riches, touchants et émouvants. En tant que coureuses avec Langevine, nous avons une idée assez précise de ce que nous attendons d'un ravitaillement. L'équipe des bénévoles est formidable: les assiettes et les verres semblent sans fond mais pourtant, ce n'est pas l'oeuvre d'une force occulte mais celle de bénévoles géniaux qui travaillent dans l'ombre pour permettre aux coureurs de ne se soucier de rien.

        Ce serait trop long de décrire tout ce ravitaillement alors je vais décrire en vrac quelques moments forts: 

    - Arrivée de Martine: nous l'attendons depuis un moment, elle arrive, nous l'encourageons, préparons les ravitaillements. Très concentrée dans sa course, elle repart et se dirige vers la victoire.

    - Arrivée du Castor: au moment même où nous nous demandons comment le Castor tient la course avec une heure de sommeil, il surgit en haut de la descente à la 50e place. On discute, on rigole, on lui recharge son camel. On ne croirait pas qu'il a couru 66km et pourtant, il finira 52e.

    - Arrivée des derniers du Petit Savoyard: on leur met la musique, on leur fait une haie d'honneur et on les accueille sous un tonnerre d'applaudissements.

    - Arrivée d'un coureur fatigué: il rit, il pleure, il ne sait plus où il est. Il faut l'écouter, discuter avec lui, l'encourager et lui donner envie de repartir. C'est très fort. Je me rends compte qu'à ce niveau, les coureurs arrivent épuisés, sans défense, ils ne soucient plus de ce que l'on peut penser d'eux, ils s'offrent à nous sans fausse pudeur dans toute leur vérité, leur émotion et leurs souffrances et ça c'est très fort. Les mots me manquent pour décrire ce que j'ai pu ressentir à ce moment là.

    - Arrivée d'un coureur proche de l'abandon: je suis partie le chercher dans la montée à la demande d'un de ses copains et il m'annonce qu'il veut rendre son dossard. Je ne connais pas son nom, pas son numéro de dossard et pourtant je ne l'oublierai pas. Je lui demande, il n'est pas blessé. Il n'en peut plus. On a tous couru ce moment où on en a marre, où on veut arrêter et on sait tous qu'on retrouvera ensuite en nous des ressources insoupçonnées et que si l'on abandonne, on s'en voudra. Je lui explique qu'il lui reste huit kms, qu'il n'a pas le droit d'abandonner. Il est venu pour faire cette course, il ne peut pas arrêter. S'il le faut, je la finirais avec lui. Je lui dis aussi que la fois où un bénévole m'a dit ça, soyons honnête: j'ai eu envie de lui dire de la fermer (et oui, la fatigue, la souffrance peuvent rendre de mauvaise humeur), d'aller se faire voir et qu'il ne sait pas ce que ça signifie huit km quand on en a autant dans les jambes. J'explique à mon coureur à la dérive: premier sourire, c'est exactement ce qu'il pense. Je commence à le remotiver mais la bataille va être rude. Il s'asseoit, je lui remplis son camel, lui apporte une soupe. On discute, partage nos souvenirs de course, je le masse pour délasser un peu les jambes. Il commence à se détendre, à sourire. On va rester 20 minutes à discuter et à partager ce moment. Et puis finalement, ça y est, il décide de repartir à son rythme. Mes derniers mots pour lui seront: "surtout, faites vous plaisir et profitez".   Je le recroiserai à l'arrivée, au repas à 23h. Il vient me voir pour me remercier, il a réussi à finir la course et il est fier de lui. Ca me touche énormément et je trouve ça très émouvant.

    - Un autre coureur marquant: il s'agira d'une dernier coureur. Il va falloir lui appliquer le même traitement: de l'écoute, de la motivation, de la pompomthérapie. Je lui donne mon strap bleu pour son genou, il prend le temps d'avaler une soupe, il discute avec nous et finalement il repart à son rythme. Il passera la ligne d'arrivée au bout de 16h58 de course et montera sur le podium où on lui remettra un lot avec en prime une  bise de Karine et moi. D'ailleurs, je lance un appel ici, certains ont pris des photos de ce moment et j'aimerai beaucoup l'avoir si c'était possible. Merci. Ce coureur me remercie en me désignant comme la petite jeune fille au maillot bleu. Ca pourrait être mon grand- père. Il m'explique que je l'ai vraiment aidé à finir et il me met les larmes aux yeux.

    - Et puis il y a tous ces coureurs et coureuses qui chacun nous ont apporté leur lot d'émotions, cette famille qui était venue encourager le papa, cette maman qui a suivi son fils tout le long de la course (c'était son premier long trail après un grave accident), ces coureurs aux bords de leurs limites physiques et mentales qui nous ont laissé entrer dans leur humanité sans crainte ni peur. Et puis, un grand bravo à ces quelques femmes rares qui se sont confrontées au GR 73: oublions le côté féministe, en toute honnêteté, elles sont arrivées dans un état de fraîcheur bien meilleure: elles donnaient l'impression de gérer magnifiquement leur course avec une grande régularité, une immense force de caractère, une bonne humeur et un souci permanent.

    Alors merci à vous, vous coureurs qui nous avez remercié. Vous nous avez rendu au double ce que nous vous avions donné. Alors merci pour vos remerciements, pour vos émotions, pour vos sourires, pour vos moments de rigolade, pour nous avoir fait partagé vos souvenirs, dans votre performance, dans votre expérience, merci pour nous avoir laissé dans votre intimité, merci pour ces moments magiques et d'une très grande force.

     

       Fin de la course: 

       Mais pour nous, la course ne s'arrête pas là. Il faut tout ranger, démonter, ramener au camp de base. Nous arrivons vers 21h. Je suis levée depuis vendredi 6h avec une heure de sommeil. Je n'en peux plus, j'ai faim, j'ai des crampes aux jambes alors que ça ne m'arrive jamais en course, j'ai mal aux pieds mais j'ai la tête pleine de souvenirs merveilleux. Et le partage continue autour d'une polenta et d'un grand thé. Que de moments de pure émotion. Ce soir, c'est sûr nous allons dormir. On se couche à minuit. Réveil sept heures: et oui, il faut ranger la salle, démonter les tables, les chaises, tout nettoyer. Je repars à 11h, arrivée à Lyon à 12h30. Je rentre chez moi et devinez quoi, je dors, je fais une sieste de trois heures, la yayoun, elle a plus de batterie.

     

    Bilan: 

    Merci aux organisateurs du GR 73 de m'avoir permis de vivre cette expérience extrêmement enrichissante.

    Merci à tous les kikous et les coureurs d'avoir rendu ce week-end inoubiable et empli de moments forts et émouvants.

    Et RDV sur l'UTMB où j'accompagnerai Jerome_I_Debizej. Je ferai un autre récit qui à mon envie sera lui aussi rempli de moments forts, émouvants, de moments de partage...pour une nouvelle expérience inoubliable 

     

     

    02 June

    dimanche 1er juin: trail du Pic Saint Michel

    Et voilà, après le off du Pilat et le Grand Raid 73, nous voilà repartis pour un week end de folie kikouresque  

    Bibiche et le Castor arrivent chez moi avec une demie heure de retard (ah ces mecs...Il leur faut un temps fou pour se préparer ) et après avoir découvert qu'il faut monter 100 marches pour monter chez moi, ils déposent leurs sacs et on part manger une pizza en centre ville. Pendant notre dégustation, le déluge s'abat sur la ville. Et ben, ça promet pour demain On papote, on papote mais il est largement temps de partir. On charge la voiture -- ils ont un nombre de bagages, on croirait qu'ils partent pour trois semaines -- et c'est parti. A 15h 50, je prends enfin l'autoroute. On devait être à 16h à Grenoble Petit coup de fil à Flapy pour fixer un autre lieu de rdv. Un castor et une biche dans la voiture, c'est pas de tout repos, ça chante, ça discute, ça rigole et le trajet passe vite. Super timing, on arrive en même temps que Flapy. Le temps de remplir les camels et je dépose les frappadingues qui ont décidé de monter au restaurant en courant Quand à moi, je pars direction la maison de Cyril à Saint Nizier. J'avoue, même avec le GPS, je me perds et je fais demi tour ...juste devant chez lui...C'est pas de chance quand même. Je vérifie la couleur de mes cheveux, non, ça va, ils ne sont pas encore blonds

         Arrivée chez Cyril, je rencontre Pascaline. Ils me font visiter la maison qui est superbe, très chaleureuse, tout en bois à l'intérieur avec un joli poêle en fonte et la cerise sur le gâteau, une magnifique vue sur la vallée et sur Grenoble. En face, on voit Chamrousse encore dans la neige. C'est magnifique. Ca fait du bien de ne plus être en plein centre ville de Lyon. A chaque fois, j'ai l'impression de partir en vacances On discute de la course, du terrain, ils m'expliquent plein de trucs techniques...Commence à me demander ce que je fais là moi...J'aurais peut-être du aller faire un trail dans le Var plutôt

       On part alors pour la pasta party. On se gare près des autruches, j'ignorais qu'il y en avait dans le Vercors   Dans le resto, on retrouve plein de kikous, des connus, des inconnus qui deviennent très rapidement connus et ça discute, ça rigole, ça prend des photos et surtout ça mange des pates faites maison miam C'est bien agréable mais c'est pas tout ça, on a une course demain et il est temps de rentrer. On récupère le Dingo et le Castor et on remonte chez Cyril d'où on découvre une vue magnifique sur Grenoble illuminé. Dire qu'il y en a qui sont partis en courant pour avoir la même vue Ils sont fous ces kikous...

        Chez Cyril, c'est Versailles, on va même dormir sur un vrai matelas et pas sur mon super matelas autogonflant. Ca fait du bien. C'est l'heure de faire dodo mais il y a le Castor et le Dingo qui parlent et qui parlent...Quand je pense qu'ils disent que je suis bavarde Je commence à m'endormir et là, c'est mon téléphone qui sonne...Debizej m'annonce son arrivée aux cent bornes dans un super temps Allez, cet effort mérite bien que je sorte de mon sac de couchage pour aller avertir les autres Et du coup, c'est reparti, on discute de courses, d'efforts etc... mais le sommeil m'appelle et je m'endors vers une heure du matin. Réveil à 7h30. Comparé à samedi dernier et le réveil à 2 heures, c'est la grasse matinée ce matin. Et en plus, agréable surprise: Cyril mange bio aussi et du coup je retrouve chez lui mon petit déjeûner de champion: tartines à la pâte de noix de cajou et miel, hmmm un régal... Il faut se préparer avec cette éternelle question féminine: comment je m'habille? Le temps change et pour l'instant on est dans le brouillard alors on verra sur place. 

        Arrivée à Lans en Vercors, retrait des dossards et hop on se prépare. Je retrouve dans la voiture d'à côté un coureur déjà croisé sur le Nivolet et sur le GR73 mais cette fois-ci je cours aussi. A peine le temps de s'échauffer et de prendre une photo des kikoureuses que c'est déjà l'heure du départ.

        Ligne de départ: il y a un truc qui cloche: je suis tout devant, c'est la première fois que ça m'arrive. Là, il y a une erreur dans le casting mais personne veut se mettre devant moi. En plus, c'est la pression, les hommes sont montés plus hauts pour nous encourager et nous photographier, c'est pire que le festival de Cannes (Nono, va falloir nous prévoir des robes de soirée en buff kikourou ). Bon, va falloir assurer, faire comme si j'avais l'habitude de partir devant. Ca va, ça commence par du bitume. On court quelques minutes et on attaque la montée: 1000m+ sur 7 kms, je sens qu'on va se marrer. J'appuie sur mes bâtons en rythme sur Elvis Presley, je prends le tempo du rock à six temps (pour le ski de fond c'est la valse à 4 temps) mais là, une douleur sous le pied commence à poindre et à grandir. J'ai trop serré mon strap à la cheville et il m'explose l'aponévrose. Je profite d'un joli rocher recouvert de mousse pour défaire tout ça, libérer mon pied et mettre la chevillère ligastrap à la place ...Ah ça fait du bien...Et c'est reparti, ça monte, ça monte puis on arrive sur une petite portion de bitume avant de s'attaquer à la montée dans les alpages. Je croise Lolarun qui joue les supportrices aujourd'hui, Mme Paspeur et Mme Petitjean qui randonnent et s'étonnent de voir que je ne parle pas quand je cours Tu m'étonnes, faut que j'économise mon énergie surtout que je commence à bien sentir mes mollets. Je me fais doubler par le 1er homme puis le 2e, le 3e, le 4e, c'est pas possible, ils sont modifiés génétiquement ces mecs, ils sont croisés avec des chamois pour courir sur ces montées...Premier ravitaillement bien agréable avec un gentil bambin qui me propose tellement poliment un sucre que je ne peux que l'accepter...

        J'attaque maintenant une monotrace boueuse avec certains rochers un peu trop hauts pour mes petites jambes. Les bâtons me servent bien pour me hisser. Le légionnaire me rattrape, je me fixe sur son tattouage pour accélerer le rythme mais il court trop vite pour moi. Les kikoureurs me doublent avec toujours une parole d'encouragement, un mot gentil qui font du bien. Je commence alors la montée en S dans le pierrier. Je prends mon rythme de croisière et je monte et monte et monte encore avec le pic en ligne de mire. Le paysage, la vue sont maginifiques. Mon cerveau commence à débrancher et je me plonge dans des réflexions esthétiques. La vue sur la mer de nuages me rappelle un tableau de Caspar Friedrich, Voyageur contemplant une mer de nuages. Etsi les romantiques étaient en réalité des traileurs. Les rêveries du promeneur solitaire  sont finalement parmi les premiers comptes rendusEt si les traileurs faisaient parti des romantiques: Rousseau, l'ancêtre des kikoureurs???Aie, mon cerveau déraille, il est temps que j'arrive en haut. Je m'arrête pour photographier la mer de nuages et je me fais doubler par le Castor qui fait un bout de montée    avec moi avant de rejoindre le Pic. Il me reste 500 m et là problème: je ne trouve pas le chemin. Je ne sais plus où poser les pieds ????J'attends qu'un coureur me double pour suivre ces pas. Arrivée là haut, je suis rejointe par le rapace et paspeur. Denise nous attend là haut et nous a préparé des sucres recouverts de chartreuse...Non, ce ne serait pas prudent sinon je risque de faire les lapiaz sur le ventre. 

        C'est le moment d'attaquer la descente et là le cauchemar commence. C'est l'horreur ces lapiaz. Je flippe pour ma cheville et je maudis les deux qui m'ont convaincu de venir au pic en me disant : "non, tu verras, y a juste 200m techniques". J'en connais qui vont rentrer à Lyon en courant C'est la galère, je vais encore moins vite qu'en montée. Mes pieds descendent malgré moi, je glisse, je dérape, je ne maîtrise plus rien du tout et je chute trois fois ...Heureusement, le sac à dos amortir la chute...C'est confortable un coussin d'eau. Mais je décide de jouer la prudence, je le sens pas ce coup là. J'ai pas envie de me retrouver immobiliser 2 semaines de nouveau. Je développe une technique de descente mains-fesses digne du castor...heureusement, les photographes ne sont pas montés jusque là. 200m tecnhiques, tu parles...Ca continue dans la boue: mais quand est-ce que je vais courir moi? Je croise le Dingo dans la descente boueuse. La boue a remplacé les pierres du lapiaz. C'est parti pour l'enveloppement de boue ...p***** ça glisse dans le coin...je découvre l'intérêt des bâtons en terrasse. Ma cheville a enflé et les lacets me font mal. Je préferais la montée, c'était moins douloureux   

        Arrivée au ravitaillement, je croise un ange gardien: un gentil secouriste qui me bombarde de froid...Hmmm ça fait du bien...je retrouve Petitjean pas dans son assiette et on fait un bout de chemin ensemble. C'est bien, vu notre différence de gabarit, si je me refais une cheville qui pourra me descendre sur son dos On alterne marche et course puis ça redescend et je me refais à marcher. Petitjean descend plus vite, le Dingo aussi et je les perds de vue. Je prends mon temps dans la descente boueuse vu que mes pieds ont tendance à partir un peu contre ma volonté dans des endroits où je voulais pas du tout qu'ils aillent. Tout à coup, je me retrouve face à un tronc...ça y est , je me suis paumée...mais non, c'est bien le chemin, il faut l'enjamber et continuer. J'ai oublié mon chrono, je n'ai aucune idée depuis combien de temps je suis partie. Enfin, je retrouve raideur 69 qui prend des photos en fin de descente...l'endroit idéal pour assister à un joli spectacle de chutes...Je continue mon chemin et je profite de cette jolie balade en sous-bois. N'oublions les sages paroles du bouddha: "il n'y pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin". Je me le répète mais en attendant je rêve d'enlever ma chaussure dont les lacets me scient de plus en plus le pied...Enfin, je vois le camping, yes, j'arrive mais en même temps, la balade est déjà presque finie, j'étais bien dans le sous bois moi. Bibiche est remonté pour prendre des photos et fait un bout de chemin avec moi. Et enfin, ça y est, une dernière portion de bitume et c'est l'arrivée avec les encouragements des kikous déjà arrivés. Ah ça fait du bien quand ça s'arrête mais en même temps, une petite pointe de regret...C'est déjà fini mais j'ai encore des images plein les yeux et plein la tête. Un petit verre de coca et après un pur moment de délice: un massage des pieds par une réflexologue (Béné, c'était une super idée d'avoir prévu ça à l'arrivée). C'est divin, ça fait un bien d'être allongé dans le transat et de se faire masser, ah  je plane

         Mais ça ne s'arrête pas là. Remise des récompenses avec des kikous sur le podium, un banquet de gaulois et après un verre au café du village, retour à la maison vers 21h. 

        Bilan: encore un super week-end. Merci à Béné et à tous les bénévoles qui ont rendu possible et très agréable cette magnifique course très dure mais très belle.

    Merci aux kikous présents pour les encouragements, la bonne humeur. 

    Et merci à Paspeur et Mme Paspeur pour leur cadeau: une huile de massage de récupération qui m'a été bien utile aujourd'hui pour réussir à descendre mes marches.